Danyl en interview pour la tournée d’un premier album – « ZMIG » – où il se dévoile dans toute sa pluralité !

Danyl en interview
© Jean de Blignières

Danyl


Entre rap, R’n’B, pop et sonorités raï, Danyl cultive un univers musical qui ne ressemble qu’à lui. Avec « ZMIG » – son premier album -, il explore son identité, son histoire et les liens qui l’unissent à deux cultures. Producteur autant qu’interprète ou beatmaker, il multiplie les terrains de jeu pour façonner une musique libre et personnelle…

Danyl en interview
© Jean de Blignières

Léane Le Meur : Un premier album – « ZMIG » – qui parle d’immigration et d’identité…

Danyl : ZMIG, c’était un peu une thérapie, une quête identitaire… J’avais envie de mettre des mots sur des choses que j’avais pu ressentir pendant mon adolescence, moi qui naviguais entre deux cultures. Finalement, en mélangeant la musique et les paroles, j’ai créé quelque chose qui me ressemble et qui reflète ce que je suis devenu.

Ça n’a pas été facile de me livrer même si écrire était un exercice assez simple. Je n’ai eu qu’à dire ce que je pensais et raconter ce que j’avais vécu, mais le dévoiler, c’est autre chose ! (rires) C’est très impudique d’être honnête en partageant sa vie devant plein de gens, en parlant de choses honteuses ou de comportements parfois douteux, mais j’ai eu besoin de tout lâcher et de tout verbaliser, certainement pour mieux m’en défaire… 

Un univers musical qui mélange rap, R’n’B, pop et sonorités raï…

Au départ, il a fallu trouver un équilibre. J’avais des barrières mentales et je n’étais pas sûr d’avoir le droit de mêler le rap et la pop, sauf qu’à un moment, je me suis rendu compte que j’étais le produit de toutes ces musiques que j’avais écoutées. Ce sont toutes ces influences qui m’ont construit, alors pourquoi m’interdire de les mélanger ? (rires) 

Finalement, j’ai simplement pris ce que j’aimais dans chaque style pour en faire quelque chose qui me ressemble. Ce n’est pas forcément un mélange réfléchi ou calculé. Je fais la musique que j’aime, et c’est justement cette liberté qui me permet, je crois, de créer mon propre univers.

Danyl en interview
© Jean de Blignières

De la production pour d’autres artistes…

Effectivement, j’ai commencé par produire pour les autres. Je me suis aussi posé la question de ma légitimité à me montrer, à prendre cette place-là. J’ai ensuite découvert le fait de chanter, de raconter mon histoire et de me livrer moi-même, mais ça m’a pris du temps. À chaque étape de mon développement artistique, j’ai dû dépasser, petit à petit, certaines limites.

Aujourd’hui encore, je continue à produire différents projets et j’aime cette idée de pouvoir m’oublier un peu. C’est agréable d’exister musicalement pour quelqu’un d’autre, de servir un autre propos que le sien. Ça me fait du bien car ça me permet parfois de prendre un peu de recul sur ma propre musique. Malheureusement, j’ai de moins en moins de temps pour tout faire. Ça devient compliqué de tout concilier : la vie professionnelle, la vie personnelle, les concerts, les lives sur Twitch… Je fais beaucoup de choses et j’ai cette FOMO, cette peur de passer à côté de quelque chose. J’ai envie de tout faire, mais je commence seulement à comprendre que tout n’est pas toujours compatible.

Un processus de création en live sur Twitch…

Ce qui est assez enivrant, c’est de pouvoir recevoir des retours en direct. Tu exposes ce que tu fais, les gens accrochent ou non, et tu vois leurs réactions dans le chat, au fur et à mesure. Ça me permet d’être concentré très longtemps sur ma réalisation. Pendant cinq heures, je peux rester assis à travailler, malgré cette impression d’être constamment observé ! (rires)

Mais créativement parlant, c’est vraiment très stimulant. La plupart des morceaux de l’album sont nés sur Twitch, notamment Brouillon et Marianne. Si j’ai continué les streams, c’est que cette expérience était extrêmement positive pour moi…

Une direction artistique affirmée, mais en constante évolution…

Je pense que ça va forcément progresser, parce que moi-même, j’évolue. J’écoute des choses différentes et j’ai sans cesse envie d’explorer de nouvelles pistes. Mais le plus important, c’est que je me sens aligné avec ce que j’ai fait. J’ai réalisé un album que je n’aurai pas honte de réécouter dans quelques années, puisqu’il témoigne vraiment de la personne que j’étais au moment où je l’ai créé.

Une tournée pour continuer à faire vivre l’album…

Franchement, c’est la meilleure partie du process ! C’est le moment où tout prend forme. Tu vois les gens qui ont reçu une musique que tu avais créée au départ pour raconter ta propre histoire, et tu te rends compte qu’ils peuvent aussi y retrouver la leur. C’est hyper touchant…

Il y a parfois des arrangements différents et, moi-même, il m’arrive d’interpréter les morceaux autrement. À force de les jouer en concert, certaines mimiques ou certaines nuances viennent naturellement. C’est ce qui est intéressant avec le live : le titre continue d’exister et d’évoluer. Le but n’est pas de reproduire parfaitement le disque sur scène. Il peut y avoir des longueurs, des orchestrations ou des montées particulières. Je trouve que c’est ce qui rend la musique vivante.

Une nomination aux NRJ Music Awards dans la catégorie révélation masculine…

C’est un honneur ! Je passe beaucoup de temps dans mon studio, un peu déconnecté de ce qui se passe à l’extérieur. Que ce soit à travers des nominations ou en ayant l’occasion de me produire sur de grandes scènes, ce sont toujours des signes de reconnaissance qui font du bien, des sortes de repères qui permettent de mesurer le chemin parcouru et de se rendre compte que le travail porte ses fruits ! (rires)

© Propos recueillis par Léane Le Meur pour Le Mensuel / Photo Jean de Blignières

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