CONCERT

Christophe Willem en interview pour son album « Panorama » et son concert au Cannet

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« Je m’enfermais dans un personnage un peu trop lisse… » Christophe Willem

 

Gonflé à bloc par les retours dithyrambiques (et justifiés) que son 6ème album – Panorama – a reçus, Christophe Willem s’apprête à partir sur les routes pour faire vivre ces morceaux sur scène. Fruits d’un sentiment d’errance et d’un besoin de se reconnecter aux fondamentaux, ceux-ci bénéficient à la fois de l’expérience de l’artiste et de la fraîcheur de ses débuts ! Faussement légers mais porteurs d’espoir, ils (re)présentent un Christophe Willem délesté de toute convention et de toute obligation artistique ou médiatique…

 

 


 

 

Christophe Willem pour son album « Panorama » et sa tournée

concert / album / pop / chanson française

 

 

 

Morgane Las Dit Peisson : La tournée débute…

Christophe Willem : Je me sens hyper excité ! Panorama est un album particulier car très axé sur l’intime donc je pense qu’il va créer, en tournée, des moments très forts et très intenses avec le public… Pour moi qui ai l’habitude de faire danser les gens, certains de ces nouveaux morceaux comme Fantômes ou Au temps pour nous vont insuffler une nouvelle atmosphère en concert.  

 

 

Panorama un album de retour aux sources…

L’album Rio n’a pas forcément rencontré son public alors à la fin de la tournée – qui elle, en revanche, a été géniale ! -, j’ai en effet eu besoin de faire une petite pause pour dresser un bilan et remettre les choses à plat. Puis, rapidement, le 1er confinement est arrivé et étant en travaux chez moi, j’ai décidé de le passer chez mes parents dans ma chambre d’adolescent ! (rires) Ça a été assez salutaire car ça m’a permis de réellement me reconnecter à ma passion en mettant un peu de côté l’aspect « métier » qui avait, je crois, pris trop de place…

 

 

Je ne savais plus vraiment où j’en étais par rapport à ça ni qui j’étais… J’ai commencé à coucher des trucs sur le papier en étant dans cette énergie-là, avec l’envie d’être plus « direct ». J’avais l’impression que mon costume de chanteur était devenu étriqué et que je m’enfermais dans un personnage un peu trop lisse, doux et gentil, pas assez représentatif de la personne que je suis dans l’ensemble. J’ai plus d’aspérités que ça, j’ai des trucs à dire, des colères saines à partager comme dans J’tomberai pas et j’ai réalisé que je ne voulais plus sentir de différence entre le personnage public et celui que je suis dans la « vraie » vie. Dans Panorama, les deux facettes se sont totalement réunies…

 

 

De nouveaux auteurs…

Je n’avais auparavant travaillé avec aucun des auteurs présents sur cet album justement pour qu’il y ait un réel renouveau. Je craignais que l’affection des auteurs précédents vienne adoucir ce que je voulais raconter. Et c’est aussi pour ça que je n’ai pas voulu écrire moi-même ! Je voulais à tout prix éviter de retomber dans les mêmes écueils qu’avant en accordant trop d’importance aux sons afin d’atténuer (inconsciemment sûrement) le poids de mes propos. 

Peur de l’autocensure ?

Clairement ! (rires) J’ai fait tout le travail de prod artistique et ça m’a permis de garder une certaine distance avec les textes. Il y a des sujets comme le rapport d’interdépendance qui existe entre des fans et un artiste que Slimane a développé dans PS : je t’aime et Elia Taïeb sur Je tourne en rond que je n’aurais certainement jamais su exprimer avec autant de force, de justesse et de sensibilité, par peur sans doute d’être indélicat ou incompréhensible ! (rires)

Confier la tâche à d’autres m’a permis d’oser aller beaucoup plus loin comme dans J’avanceles paroles apparaissent très crues pour ceux qui ne s’imaginent pas que je peux penser ou parler ainsi…

 

 

Un album sur des traumas qui rappelle qu’il y a une lumière au bout du tunnel…

C’est exactement comme ça que je l’ai imaginé, comme une ode à la résilience. Dans la vie, rien n’est immuable, que ce soient les moments positifs ou les moments négatifs donc ça ne sert à rien de se focaliser éternellement sur un instant (bon ou mauvais) puisqu’il n’existera plus demain. Un titre comme Noir qui est beaucoup plus dur que les autres est important car sans ombre, la lumière n’existerait pas. Les bonheurs et les peines doivent coexister pour que les premiers aient une véritable « valeur »…

Propos recueillis par Morgane Las Dit Peisson pour Le Mensuel / Photos Pierre Florent / Article paru dans Le Mensuel n°438 de janvier 2023

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