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COUPS DE COEUR
« Ubu roi » avec Mélanie Page : Daniel Benoin s’empare du texte d’Alfred Jarry
Ubu roi avec Mélanie Page
théâtre / théâtre contemporain / satire
- d’après Alfred Jarry / mise en scène et adaptation par Daniel Benoin
- avec André Marcon (père Ubu), Mélanie Page (mère Ubu) et Clément Althaus, Gaële Boghossian, Paul Chariéras, Paulo Correia, Benjamin Migneco, Julien Nacache, Pascal Paolini
- 03 > 21 mars 2026 / Antibes / Théâtre Anthéa / infos & billetterie ici !
Ubu roi avec Mélanie Page : Éternel recommencement
Voir se façonner une nouvelle pièce sous nos yeux au Théâtre Anthéa deviendrait presque une formalité tant le lieu s’est imposé en terre de création. Après Personne d’autre avec Aurélie Saada, A.D.A. : L’argent des autres avec Alex Vizorek ou encore L’Avare avec Michel Boujenah, Daniel Benoin (directeur du théâtre, mais surtout metteur en scène) a cette fois-ci jeté son dévolu sur Ubu roi. Mais si, bien sûr, l’histoire imaginée par Alfred Jarry en 1896 servira de trame, il y a fort à penser que cette nouvelle version proposera un savant mélange de fidélité et de modernité. Car bien que le spectacle n’ait pas à ce jour été monté, son ambition est affichée très clairement : déployer un récit que nous connaissons tous en l’agrémentant de préoccupations et de faits contemporains. Ainsi, ce personnage grotesque, tyrannique et violent s’emparant du pouvoir en tuant le roi de Pologne, devrait très probablement s’installer – 130 ans après sa « naissance » sur les planches – dans un bureau ovale et voir ses cheveux se teinter d’une couleur jaune orangé qui ne sera pas sans rappeler un certain chef d’État.
Preuve qu’en dehors de quelques technologies et habitudes de vie, nous n’évoluons pas tant que ça au fil du temps, le père Ubu (incarné par André Marcon) et son épouse la mère Ubu (campée par Mélanie Page) vont, en saisissant l’autorité à tout prix, nous offrir un miroir grossissant d’une époque – la nôtre – qui ressemble à s’y méprendre à celles des plus grandes crises que notre monde a connues… Fait rassurant ou non, cette pièce considérée comme une œuvre précurseur du théâtre de l’absurde se terminera quant à elle – bien qu’au prix d’une guerre – avec une véritable morale…
© Morgane Las Dit Peisson pour Le Mensuel / Mars 2026 / Photo DR
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