Faid A. Savant
CONCERT
Asaf Avidan de retour au Midem et en interview pour l’album « Unfurl »
« J’aime qu’il y ait de l’ambiguïté et de la créativité… » Asaf Avidan
Après une absence de 5 ans, marquée par des rencontres, des projets artistiques variés et une intense recherche intérieure, Asaf Avidan déploie son album « Unfurl » – telle une œuvre cinématographique, insufflée par les B.O. des productions de Hitchcock ou Lynch – qu’il présentera sur la scène du Midem le 05 février 2026. C’est dans le Var – dans le studio de Brad Pitt – qu’il a trouvé l’inspiration de ce petit bijou musical semblant tout droit tiré d’un film des années 40, teinté des subtils accompagnements de l’orchestre avec lequel il l’a enregistré. Tissant cette toile sonore avec poésie, classe et mystère, il invite le public dans un univers où l’introspection et la frontière entre le réel et le rêve sont omniprésentes…
Asaf Avidan en interview pour l’album & la tournée Unfurl
interview / concert / album / tournée
- ★ 05 février 2026 / 20:30 / Midem Live / Cannes / Palais des Festivals / infos et billetterie ici !
Delphine Goby O’Brien : Un album inspiré, aux tonalités et clips incroyables…
Asaf Avidan : Merci, on a bossé dur dessus ! Chacune des vidéos est différente, mais on sent bien le fil conducteur. Unfurl est très influencé par le cinéma des années 40 et par Bernard Herrmann, qui a signé la bande originale de tous les films d’Hitchcock. C’est presque un hommage au film Vertigo.
Cette ambiance a également façonné notre travail sur scène, où le cadre est très théâtral et cinématographique, tout comme les clips qui, tels des courts-métrages, proposent un véritable univers…
La raison pour laquelle je cite souvent Hitchcock, c’est qu’il explore, tout comme comme David Lynch et d’autres artistes, la frontière entre le conscient et l’inconscient, le réel et le rêve.. Tout s’y mêle, et l’on ne sait plus très bien où commence l’un et où finit l’autre. Je ne veux pas que le public sache ce qui est réel ou non. J’aime qu’il y ait de l’ambiguïté et de la créativité. Les vidéos, à ma modeste échelle, sont ma façon de donner une voix à tout ça.
Tu deviens acteur dans tes clips…
Je n’ai aucune ambition de devenir acteur, mais il est vrai que j’ai toujours été fasciné par les artistes des années 40 et 50… Comme Édith Piaf ou Charles Aznavour, pour la chanson française. Il existe une vidéo sublime de La Bohème où Aznavour, un mouchoir à la main, incarne chaque mot avec une intensité bouleversante. Peu importe la puissance de sa voix (qui est, bien sûr, incroyable) : ce qui m’a marqué, c’est sa capacité à jouer, à s’approprier le personnage et la charge émotionnelle des paroles. C’est bien plus que du spectacle, c’est une immersion totale, ça l’aide lui-même à entrer dans un personnage.
Et puis, il y a Frank Sinatra, Mel Tormé… Ces artistes ultra-théâtraux m’ont profondément inspiré. Pourtant, je ne cherche pas à « jouer » des émotions. Mon objectif est différent : j’essaie de trouver un masque qui corresponde à ce que je veux exprimer.
La beauté de l’exercice, c’est que ces masques sont multiples.
Dans Unfurl, on explore cette diversité : des genres variés, mais aussi des personnages en quête de leur propre voix. Le paradoxe, c’est que le masque peut révéler une vérité plus profonde. Il permet de se libérer des rôles imposés au quotidien et d’incarner une version de soi-même plus authentique, plus ressentie. Je trouve cette idée fascinante.
Beaucoup de scènes montrent les coulisses…
L’idée était de montrer ce personnage — qu’il m’incarne ou qu’il soit une entité à part — sous différentes facettes de sa réalité. Parfois, il se prépare en coulisses ; parfois, il est en pleine performance et des extraits du film qu’il tourne s’immiscent dans le clip. À d’autres moments, tout bascule dans un état de rêve où l’on ne distingue plus ce qui relève du film, des coulisses, ou d’une autre dimension.
J’aime cultiver cette ambiguïté, à l’image de ce que fait si bien David Lynch. Certaines questions n’ont pas besoin de réponses. Mon but était de créer ce déséquilibre, cette étrangeté où la frontière entre le réel et l’imaginaire s’estompe. Je ne veux pas que le public ait de certitudes. Je veux qu’il se forge sa propre interprétation.
Le lendemain, en revoyant ces vidéos, peut-être verra-t-il une autre interprétation. C’est un paysage qui invite chacun à avoir sa propre lecture. Pour moi, c’est là que réside la force de l’art.
De nouveaux genres musicaux, comme le rap, par exemple… Certains des passages m’ont fait penser à Ren, le chanteur anglais.
Je savais que tu allais me poser la question !
C’est drôle, parce que j’apprécie beaucoup Ren, et c’est une histoire assez surprenante. Il y a encore un an, je ne le connaissais pas du tout. Puis un jour, je tombe sur une vidéo de lui en train de jouer, vêtu d’une blouse médicale. Je me suis dit : « Tiens, cet artiste a quelque chose de spécial. » Sans y prêter plus d’attention sur le moment.
Plus tard, j’ai sorti In a Box, ce projet où je performe en live dans des vidéos. Et soudain, des milliers de commentaires apparaissent : « Je suis là parce que Ren m’a parlé de toi. » « Ren m’a dit d’écouter ça. » Je me suis demandé : « Mais qui est ce Ren ? » J’ai fouillé un peu, et puis ça m’est revenu : « Ah oui, c’est ce type que j’avais trouvé intéressant ! » On a commencé à échanger, il m’a répondu. Apparemment, il aime ma musique, et j’aime la sienne. Une belle rencontre artistique, en somme.
Mais pour répondre à ta question, pour un nouvel album, je ne calcule pas en amont les genres que je vais explorer, c’est le thème qui guide naturellement mes choix musicaux. Pendant l’écriture par exemple, une cascade de mots m’a littéralement envahi, comme si j’étais pris de panique, et j’ai réalisé que c’était tout simplement du rap ! (rires) Dans un autre registre, on a également travaillé avec un grand orchestre qui nous a permis d’enrichir le son et de le rendre extrêmement humain et vivant.
En réalité, j’ai la chance d’être un artiste de niche et de pouvoir assouvir toutes mes envies musicales sans pression et en toute liberté. C’est un privilège que les gens aient autant d’indulgence et de patience envers moi. Ça me permet de tout explorer et de tout oser… Je pourrais même faire du blues du Sahara ou de la mélodie baroque ! (rires) Peu importe, du moment que ça traduit l’émotion que je ressens…
La manière dont cela s’enchaîne et s’efface semble si naturelle et s’accorde parfaitement avec la musique…
Merci ! Ça me touche vraiment que tu le remarques. On a mis beaucoup de cœur et d’efforts dans cet album, et c’est une vraie joie de voir que les gens perçoivent tous ces détails et ces nuances. C’est exactement ce qu’on espérait.
Et sur quelques points, on perçoit des ressemblances avec David Bowie…
Ah, oui ! Je n’ai peut-être pas ses beaux cheveux, mais il m’a profondément influencé. Au-delà de sa musique, il y a deux aspects de Bowie que j’aime particulièrement.
D’abord, son côté théâtral. Il n’était pas seulement musicien, mais aussi acteur, et il a joué dans de nombreux films. Dès le début, il a incarné des personnages — Ziggy Stardust, bien sûr, mais aussi bien d’autres au fil des années. Cela lui a permis d’explorer différentes facettes de lui-même, et nous, en tant que public, avons grandi et évolué avec lui à travers ces transformations.
Ensuite, ses multiples phases artistiques. Il a traversé une incroyable diversité de genres musicaux au cours de sa carrière, et j’adore ça. Un artiste qui ne s’enferme pas dans une seule identité, qui n’a pas besoin de se répéter. Il cherchait sans cesse à se réinventer, mais pas de manière superficielle, vraiment en explorant qui il était à ce moment-là. C’est très inspirant pour moi.
Je connaissais David Bowie comme tout le monde, mais je n’étais pas un fan inconditionnel… jusqu’à sa disparition, il y a quelques années. Après sa mort, j’ai replongé dans sa discographie et redécouvert un parcours musical d’une richesse incroyable. Une véritable révélation.
Les paroles viennent de toi ou de ton personnage ?
Les personnages sont qui je suis, des traductions intimes de mon propre intérieur. Chaque fois que j’écris, je plonge en moi-même. Mes yeux se tournent vers l’intérieur pour descendre dans la gorge vers la poitrine, et là, ils fouillent. C’est de l’archéologie : tu creuses, tu creuses, sans savoir ce que tu vas trouver.
Ensuite vient la question : comment donner forme à ces découvertes ?
L’ironie c’est que plus on s’enfonce dans son intimité, plus on touche à l’universel. Les premières couches — les masques, les apparences, les récits que l’on se raconte — sont superficielles. Mais quand on les dépouille, quand on va au-delà de la peau et de la chair, jusqu’aux os, on atteint quelque chose de commun à tous : la peur de l’absurde, de l’invisibilité, de la fragilité, de notre finitude. Ces émotions-là, un enfant de 7 ans en Ouganda, un vieil homme de 80 ans à Pékin ou un adulte de 30 ans en Louisiane peuvent les ressentir.
C’est cela qui me fascine : chercher un fil rouge dans la condition humaine. Se demander : Qu’est-ce que cela signifie, être humain ? D’où vient cette capacité à créer des choses sublimes ou bien terribles? Alors non, je ne dirais pas que ces paroles appartiennent à des personnages. Ce sont les voix les plus authentiques en moi qui s’expriment à travers eux.
Est-ce une nouvelle vision de toi-même, en prenant de l’âge ?
Bien sûr, quelque chose évolue. Mais mon intention, elle, est restée la même depuis le début. Ma boussole pointe toujours vers le même horizon, depuis mon premier EP jusqu’à mes albums suivants.
Chaque œuvre est une strate archéologique. Je ne crois pas qu’on puisse creuser indéfiniment — à force, on risque de tomber dans un abîme, et c’est un danger. Il faut explorer chaque couche, une à une.
Mon premier album disait : « Elle m’a fait du mal. » Le deuxième interrogeait : « Est-ce vraiment elle, ou est-ce moi ? » On part d’une émotion en surface, puis on l’analyse, on questionne et peu à peu, on s’approche de la vérité. C’est tout l’enjeu.
L’introspection, elle, ne m’a jamais quitté. On se sonde, toute une vie, mais avec l’âge, on accumule les expériences. On a moins peur de la narration que l’on présente aux autres. À vingt ans, on contrôle soigneusement l’image qu’on renvoie, on est prudent, précis. À quarante ans, on comprend que rien n’est figé, que rien n’est vraiment réel. Tout est mouvement, tout se transforme.
Alors, aurais-je écrit cet album il y a dix ans ? Non. Je ne l’aurais même pas écrit il y a deux jours ! Parce qu’en réalité les choses changent constamment.
C’est comme si tu prenais une poignée d’eau dans une rivière et que tu disais : « Voici la rivière » — alors qu’en vérité, tu n’as saisi qu’un instant, un fragment de son cours.
Comment tu te sens à l’idée de présenter cet album, totalement différent des précédents ?
Il y a deux réalités, en fait. D’abord, il y a celle où j’écris l’album : là, je n’ai aucune crainte. Je le fais parce que j’ai besoin de trouver quelque chose. C’est une forme de dissection, une introspection, une quête. À ce stade, je ne pense absolument pas au public.
Mais une fois le master finalisé, une question me traverse l’esprit : « Putain, des gens vont écouter ça. » Et soudain, les attentes me rattrapent. « Qu’est-ce qu’ils attendent, au juste ? Qu’est-ce que j’ai fait avant ? Est-ce que ce même public va accrocher ? » Les doutes surgissent.
Je dois dire que j’ai une chance folle. Je ne sais pas si je devrais toucher du bois, mais j’ai toujours eu un public incroyablement patient. J’ai connu quelques succès grand public – des remixes, quelques titres qui ont percé – mais ce n’étaient que des accidents dans ma carrière. Je ne suis pas un artiste pop, ni un habitué du Top 40. Je suis un artiste de niche, mais qui a trouvé son public, et c’est un endroit merveilleux où se situer. Mes auditeurs comprennent que je suis un artiste. Ils savent que chaque album sera différent. Ils acceptent que je sois, à ce stade, un artiste « collage » : je ne me soucie pas des genres, je les mélange comme bon me semble, et jusqu’ici, ça a été très bien accueilli.
Au début, j’avais peur pendant les premiers concerts. Je me disais qu’il fallait glisser des titres connus entre les nouvelles chansons pour ne pas perdre les gens. Mais à ma grande surprise, le public semble adorer les morceaux inédits, parfois même plus que les tubes.
Alors je me sens extrêmement privilégié de pouvoir présenter la musique que je veux faire, sans me préoccuper outre mesure de ce que le public en pensera. C’est comme s’ils faisaient ce voyage avec moi – et ça, c’est fou !
Cet album a pris du temps…
On a bossé dur sur ce projet, donc je suis extrêmement heureux que l’accueil soit si positif, mais c’est vrai qu’il a fallu du temps pour qu’il soit tel que je l’imaginais !
Je n’ai jamais cessé de performer. J’ai fait plein de choses, mais l’écriture, elle, s’était faite rare. Enfin, ce n’est pas tout à fait exact. Je n’ai pas posé mon stylo en me disant : « Voilà, j’arrête d’écrire. » J’ai tenté, de temps en temps. Je me rendais en studio, je prenais ma guitare ou m’asseyais au piano, cherchant à capturer les émotions qui me traversaient. Mais rien ne sonnait juste. J’avais l’impression de me répéter, de ressasser des vieilleries. Alors j’ai arrêté.
Je me suis tourné vers d’autres méthodes. J’ai lu Carl Jung et ses exercices pour dialoguer avec l’inconscient. J’ai essayé. Rien. J’ai tenu un journal de rêves, espérant explorer cette terreur qui oscille entre le conscient et l’inconscient, entre les différentes facettes de soi. Mais je ne trouvais pas la voie. J’ai tout tenté : méditation, longues marches près de l’océan… Rien ne fonctionnait. Puis est arrivée cette opportunité avec Brad Pitt. Je me suis installé dans la villa qu’ils m’avaient réservée, et soudain, en deux semaines, l’album a jailli. Alors, était-ce un blocage de cinq ans suivi d’une explosion créative ? Ou bien ces cinq années ont-elles été une lente gestation, dont ces deux semaines n’étaient que l’aboutissement ?
Pendant ces cinq ans, pourtant, je n’ai pas chômé. J’ai voyagé, joué, développé In a Box, collaboré avec des danseurs, exploré d’autres formes artistiques. J’ai même traversé une transition majeure, passant de l’Italie à la France – un changement qui a demandé du temps et de l’énergie. Et n’oublions pas le contexte : le début de cette période coïncidait avec la fin du Covid. Mon précédent album, Anagnorisis, était sorti en pleine pandémie, entre la première et la deuxième vague. J’ai bossé, mais les circonstances n’étaient pas faciles.
Dans ma carrière, j’avais l’habitude de sortir un album tous les deux ans, voire un par an au début. Le rythme a ralenti, non par paresse, mais parce que cet album demandait du temps. Unfurl est profond, complexe. Il a eu besoin de mûrir, de se bonifier, jusqu’à ce qu’il soit enfin prêt.
Tu as donc enregistré en France, dans le Var, chez Brad Pitt…
Oui, et tout ça, c’est en grande partie grâce à Brad Pitt ! Il a même un remerciement spécial sur l’album. Je vis à la campagne, un peu comme un fermier, loin de l’agitation et des des célébrités. Parfois, nos chemins se croisent. Certains assistent à mes concerts ou à des événements.
Un jour, Brad Pitt est venu à l’un de mes concerts à Paris. Je ne savais même pas qu’il connaissait ma musique. Après le show, on s’est retrouvés en coulisses. Il m’a félicité, et on a discuté. C’est là qu’on a réalisé que ma maison n’était qu’à trois heures de son domaine de Miraval, dans le Var. « Tu devrais venir enregistrer chez nous, » m’a-t-il proposé. « Je n’ai pas de chansons, je suis en panne d’inspiration depuis quatre ans, » lui ai-je répondu.
Le lendemain, j’ai reçu un email de son assistant confirmant l’invitation. Avec Cati, ma compagne, on est venus, et on a adoré l’endroit ! Quelques semaines plus tard, je suis revenu, juste avec ma guitare. Ils m’ont installé dans une villa isolée au cœur de la propriété. L’ambiance était très cinématographique, comme une scène d’un film de Kurosawa : la pluie frappait violemment les fenêtres, et moi, j’étais là, blotti dans ce cocon.
Après quatre ans de blocage créatif, j’ai soudainement écrit les trois premières chansons de l’album en une semaine. Je ne saurais expliquer pourquoi, mais c’est là que tout a commencé. Il était alors évident que je voulais aussi y enregistrer l’album.
Ils ont été incroyablement généreux. Miraval, c’est un lieu 5 étoiles, à la fois hôtel de luxe et studio d’enregistrement, où les plus grands artistes viennent travailler. Moi, artiste alternatif sans le budget d’une star de la pop, j’aurais jamais pu me l’offrir. Pourtant, ils ont tout mis en œuvre pour que ça se fasse. Je leur en suis profondément reconnaissant.
L’expérience d’enregistrement là-bas était magique : tout était pris en charge, de la nourriture à l’hébergement, en passant par les techniciens et l’enregistrement. On ne pensait qu’à une chose : l’art. Ça a mis tous les musiciens à l’aise, surtout qu’on a travaillé avec un orchestre complet. Alors oui, c’était du boulot, mais chaque effort en valait la peine. J’ai obtenu ce son riche, organique, vivant que je recherchais. Et ça, aucun ordinateur ne peut le reproduire.
On voit que tu laisses une énorme place aux musiciens qui travaillent avec toi…
Absolument, et merci de le souligner ! On a bossé dur pour ça. Cela rejoint d’ailleurs ce dont on parlait précédemment : avec l’âge, non seulement l’envie de collaborer grandit, mais – je l’espère – les compétences pour le faire aussi.
Je ne suis pas un musicien égoïste, mais j’ai toujours une vision claire de ce que je veux créer. Cette fois encore, j’avais préparé des maquettes très détaillées, avec chaque instrumentation soigneusement pensée. Pourtant, il était essentiel pour moi de collaborer avec les autres : l’arrangeur, mon co-producteur, les musiciens… Leur apport était indispensable.
Le plus beau cadeau que m’a offert l’expérience, c’est d’avoir appris à me recentrer moins sur moi-même. Aujourd’hui, ce qui m’anime, c’est de m’inspirer des autres, de m’immerger dans cette aventure humaine qu’est la création collective. Et c’est exactement ce qu’on a cherché à faire avec cet album.
Est-ce que tu tournes avec les mêmes musiciens ?
Le pianiste, oui, est toujours le même, mais pour le reste, l’équipe varie. Certains musiciens sont avant tout spécialisés en studio et préfèrent ne pas partir en tournée — ils ont des familles, d’autres engagements, ou simplement d’autres priorités. C’est tout à fait compréhensible.
D’ailleurs, les musiciens de tournée ne sont pas toujours ceux qui enregistrent en studio. J’ai cependant la chance que certains, qui m’ont accompagné en studio, me connaissent déjà bien et partagent la scène avec moi.
Mon objectif, c’est de construire des relations durables avec eux. Après tout, sur une journée, vous passez peut-être deux heures sur scène ensemble, mais aussi vingt-deux autres heures à vivre côte à côte ! Ça finit par former une vraie famille. L’alchimie est essentielle.
Les quatre musiciens qui m’accompagnent actuellement sont incroyablement talentueux – et multi-instrumentistes, ce qui nous permet de restituer la richesse d’un orchestre complet, même en tournée. Cerise sur le gâteau : ce sont aussi des personnes formidables, ce qui ne gâche rien !
Jouer au Midem avec l’Orchestre national de Cannes…
Oui ! Ça va être exceptionnel de partager la scène avec ce grand et bel orchestre, pour fêter les 60 ans du Midem, qui m’a déjà accueilli en 2013 ! Ce concert sera le 1er d’une jolie série qui va nous emmener – avec mes 4 fidèles musiciens – sur les routes cette année. C’est génial de pouvoir présenter Unfurl dans toute sa richesse, mais aussi d’avoir l’occasion de réarranger mes anciennes chansons avec ce son fabuleux… Ça me permet de ne pas avoir à refaire constamment la même chose et de vivre de nouvelles expériences à chaque tournée !
© Propos recueillis par Delphine Goby O’Brien au Monte-Carlo Jazz Festival pour Le Mensuel / Photo Faid A. Savant
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