COUPS DE COEUR

« Sous l’œil des voisins » : Christian White voit sous la surface

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Sous l’œil des voisins de Christian White

lecture / thriller / polar

 


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Sous l’œil des voisins : Quand le vernis craque… 

 

Camp Hill, en 1989. Une banlieue australienne proprette, tranquille, presque trop parfaite. Une seule rue, quelques pavillons bien tenus, des habitants « bon chic, bon genre » et, pour veiller à la sérénité du quartier, un système d’autosurveillance ponctué de réunions régulières chez une voisine zélée. Officiellement, on y parle sécurité. Officieusement, on y cultive le soupçon et les cancans.

À la lisière de ce décor policé subsiste « la jungle », un bout de forêt encore sauvage, raccourci pratique vers le centre-ville où – entre autres -, un jeune du quartier au look gothique a tendance à traîner. Sous les sourires convenus, chacun observe l’autre, jauge, épie… Comportement somme toute assez banal qui ne choque personne jusqu’au jour où Tracy, 17 ans, disparaît sans laisser de trace.

En plein été austral, alors que les vacances commencent et que Noël se prépare, la police évoque une fugue. Tom Witter, professeur au lycée, n’y croit pas, car elle venait tout juste de lui annoncer son entrée prochaine en faculté de journalisme. Intrigué, puis inquiet, il décide d’enquêter, épaulé par le père de la jeune fille, fraîchement séparé et relégué dans un motel miteux.

 

 

Très vite, les façades impeccables se fissurent. Secrets de famille, rancœurs, comportements troubles : lorsque le corps de Tracy est retrouvé en forêt, on réalise que chaque voisin a quelque chose à cacher ! Même Tom finit par être incriminé, lui qui a eu le malheur d’accepter de s’entretenir avec elle, sans témoin, dans son bureau…

Avec Christian White, le thriller devient radiographie sociale. Derrière la bienséance et la convivialité affichée, l’auteur ausculte une communauté prête à désigner des coupables pour préserver son confort moral. Le résultat est un roman tendu, étouffant, où le soleil brûlant de l’hémisphère sud n’éclaire jamais totalement les zones d’ombre.

Un polar efficace, mais surtout une plongée glaçante dans l’hypocrisie ordinaire, celle qui prospère justement là où tout semble aller pour le mieux.

    

   © Textes Jean-Louis Las Dit Peisson pour Le Mensuel / Photo DR

 

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