Le Mensuel
COUPS DE COEUR
La villa du Lac : Le nouveau roman à suspens de Rachel Joyce
La villa du Lac de Rachel Joyce
lecture / roman
- paru le 26 février 2026 chez XO Éditions
- 416 pages / 21.90€ / à commander ici !
La villa du Lac de Rachel Joyce : Un roman façon thriller
Vic Kemp est un septuagénaire bon vivant, grand amateur de vodka et pilier de la « tournée des Grands Ducs » avec ses copains de bistrots. Il a quatre enfants – un fils Goose et trois filles Netta, Susan et Iris – qui, bien que quadragénaires, ne sont pas des plus matures ni complètement indépendants financièrement parlant ! Ce petit monde vit dans les beaux quartiers de Londres et possède une villa en Italie, sur le Lac d’Orta, proche du Lac Majeur… Il faut dire que Vic est un artiste peintre autodidacte réputé, dont les toiles sont vendues à prix d’or par Harry, son ami galeriste.
Pour « surveiller » ses enfants – malgré leur âge quelque peu avancé – il continue de faire appel à des « jeunes filles au pair » lui servant de modèles et, parfois, de compagnies nocturnes… Jusqu’à ce qu’il rencontre Bella-Mae, sa nouvelle égérie d’à peine 27 ans. Rapidement, on observe du changement ! Il ne boit plus que de la tisane nauséabonde, est bien habillé, coiffé, rasé et ne semble plus peindre. Par la suite injoignable pendant plusieurs semaines, il annonce à sa descendance qu’ils se sont installés à la villa du Lac et surtout, qu’ils se sont mariés… La stupeur va laisser place à l’horreur quand, quelques jours plus tard, Vic est retrouvé noyé dans le lac ! Les enfants foncent en Italie mais, puisque le testament du père a disparu, Bella-Mae devient l’unique héritière…

Virtuose de la manipulation, la belle-mère va évidemment réussir à semer le trouble… La famille, si liée auparavant, commence à se lézarder, se disloquer, voire à s’affronter. En saupoudrant le tout d’une fine couche de ce subtil humour « so british » parfaitement maîtrisé, Rachel Joyce nous entraîne dans les frictions – quoique romancées – si courantes lors des successions. Le roman, bien qu’assez grinçant, est très agréable à lire avec ses personnages si criants de vérité !

Et pour pimenter le récit, l’auteure a développé une capacité machiavélique à user de coupes nettes et de descriptions minutieuses, nous faisant constamment passer d’un rythme haletant à des plages d’accalmies nécessaires à l’analyse de la situation. Alors que l’art – avec un grand A – reste en toile de fond, le dénouement, quant à lui, est admirablement surprenant…
© Textes Jean-Louis Las Dit Peisson pour Le Mensuel / Mars 2026 / Photo DR
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