Le Mensuel
COUPS DE COEUR
lecture livre roman Fauves Mélissa Da Costa Albin Michel
Fauves de Mélissa Da Costa
lecture / roman
- paru le 07 janvier 2026 chez Albin Michel
- 484 pages / 23.90€ / à commander ici !
Fauves de Mélissa Da Costa : La force de l’instinct
Depuis le succès de Tout le bleu du ciel paru en 2019, Mélissa Da Costa (35 ans seulement) est considérée comme une autrice de best-sellers et pour cause ! Tous ses romans, sans exception (dont La doublure), figurent parmi les meilleures ventes aux côtés de poids lourds tels que Guillaume Musso, Amélie Nothomb et Joël Dicker ! Pour sa dernière proposition – Fauves – dévoilée en janvier, la jeune femme a choisi de remonter le temps jusqu’avant sa naissance, dans les années 80…
Tony a 17 ans, vit seul chez son père et travaille avec lui au chantier naval. Ce dernier est adepte des soirées foot bien arrosées, passe son temps au bistrot, prône la brutalité comme valeur supérieure de l’homme et éduque son fils dans cette voie. Pas étonnant que son épouse et leur autre fils – qu’il considère comme une « tapette » pour préférer les études à la baston – se soient fait la malle !
Le soir d’une énième bagarre, Tony laisse son paternel KO sur le carrelage et s’enfuit par peur des représailles… Après plusieurs kilomètres d’errance, il croise un cirque qui accepte de l’embaucher comme manœuvre et c’est là qu’il va rencontrer le monde animal tout en se découvrant lui-même… Alors qu’il se retrouve à devoir s’occuper des fauves au pied levé et bien que la panique l’envahisse la 1ère fois, il va en effet avoir une révélation !

Se rapprochant de l’étrange épouse du « patron » que beaucoup craignent – un peu guérisseuse, sachant couper le feu et ayant un don de prémonition -, il tombe sur Asia avec qui elle vit : une bébé panthère nébuleuse (espèce asiatique aux larges taches) qui se balade en liberté dans sa roulotte bien qu’elle soit considérée comme la race la plus difficile à « dompter » ! Alors que le jeune Tony semble « s’entendre » avec elle, Chavo (le patron) – qui rêve de créer un numéro avec Asia – va commencer à voir en ce garçon le successeur qu’il n’a jamais eu…

Mélissa Da Costa, parfaitement documentée, va nous entraîner dans l’univers des Tziganes, dans leur culture captivante où les règles, ancestrales, millimétrées et immuables, ouvrent les portes de prouesses inimaginables ! Grâce à elle, on pénètre l’envers d’un décor dont nous, « gadjos », ne connaissons que la surface éclatante, brillante, colorée et merveilleuse visible lors des représentations.
On prend alors la mesure du travail titanesque auquel tout le monde, vedette comme manœuvre, s’attelle, du montage du chapiteau au démontage des gradins, en passant par l’affichage, l’entretien du matériel, les parades de publicité… Les animaux, en véritables stars, sont, quant à eux, chouchoutés, soignés à l’extrême et ressentent pleinement la joie du public… Tandis qu’à cause d’une poignée d’exploitants maltraitants, la loi interdisant les spectacles itinérants d’animaux sauvages entrera définitivement en vigueur en 2028, Fauves rappelle ô combien il faut les aimer, les respecter et les séduire pour espérer obtenir leurs faveurs et créer ainsi des tableaux avec eux… En leur absence, nos cirques traditionnels – Pinder, Bouglione, Gruss ou Zavatta – meurent à petit feu comme ça a été le cas pour Barnum, le plus grand cirque du monde qui possédait son propre train et qui, avec ses éléphants, avait inspiré Dumbo. Avec eux, disparaissent peu à peu les étoiles qui brillaient dans les yeux des enfants d’hier, autant sous chapiteau que devant la télé qui diffusait chaque mois La Piste aux Étoiles ! C’est d’ailleurs un de ces mercredis là que – le 2 décembre 1959 – les Fréjussiens n’ont pas pu voir la fin d’Achille Zavatta… Malpasset venait de se rompre…
© Textes Jean-Louis Las Dit Peisson pour Le Mensuel / Mars 2026 / Photo DR
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