Mika Cotellon
CINÉMA
Raphaël Quenard, Jean-Pascal Zadi & Anthony Marciano en interview pour le film « Le rêve américain »
« J’ai eu l’impression que ce film racontait ma vie… » Jean-Pascal Zadi
C’est en compagnie du réalisateur Anthony Marciano que les comédiens Raphaël Quenard et Jean-Pascal Zadi sont venus présenter « Le rêve américain » au public du Cineum de Cannes. Si l’univers dans lequel il s’inscrit est celui du basket, nul besoin d’être sportif ou connaisseur pour se prendre de passion pour les deux personnages… Partis de rien, ceux-ci sont aujourd’hui devenus (dans la vie réelle) deux des agents les plus influents de joueurs évoluant en NBA ! De leur rencontre à leurs premiers pas dans la cour des grands, en passant par les trahisons, les coups de bluff, les paris osés et les belles surprises, on suit le destin extraordinaire de Bouna Ndiaye et Jérémy Medjana, dont l’amitié, même dans les pires moments, n’a jamais failli…
Raphaël Quenard, Jean-Pascal Zadi & Anthony Marciano en interview pour le film Le rêve américain
interview / cinéma / comédie / bopic
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le 18 février 2026 au cinéma
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d’Anthony Marciano
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avec Jean-Pascal Zadi, Raphaël Quenard…
interview vidéo à découvrir ici prochainement !
Morgane Las Dit Peisson : « Le rêve américain », un film qui dévoile l’univers du basket mais qui parle à tous…
Anthony Marciano : En effet, ce n’est pas un film sur le sport, mais avant tout un film sur une amitié, sur le rêve de deux potes qui visent très loin – beaucoup plus loin que ce à quoi on les prédestine -, qui se prennent des murs mais qui s’acharnent. C’est ça qui m’a réellement inspiré dans ce parcours.
Sans oublier, évidemment, le fait qu’ils soient devenus aujourd’hui les plus grands agents de NBA. Ils s’occupent, entre autres, de Rudy Gobert et Wembanyama ! Ce genre de destins ne peut que faire rêver…
Raphaël Quenard : Je dirais que le film est un shoot de bonheur qui va à rebours et qui contrecarre la morosité et le défaitisme ambiant…
Un film qui prône la valeur du travail et qui rappelle que rien n’arrive miraculeusement…
Raphaël Quenard : Je suis convaincu, personnellement, que c’est dans l’adversité, dans les difficultés, les obstacles, les revers et les échecs que tu vas trouver la force de continuer à entretenir et renforcer le feu de ta passion. C’est ça qui va te permettre, une fois arrivé à tes fins – même si tu n’y parviens jamais vraiment -, de ne pas flancher et d’accomplir les choses de manière carrée, organisée, appliquée.
Du coup, je pense que c’est primordial d’accepter de voir la vie de cette façon. Si les choses arrivent trop facilement, ce n’est pas un cadeau qu’on nous fait, c’est un court-circuit… Si on nous permet de court-circuiter toute une étape de labeur, c’est un piège, un poison qui fera que d’une façon ou d’une autre, on le paiera plus tard.
Il vaut mieux se prendre des tartes à longueur de journée et des murs en pleine figure que d’opter pour la facilité…
Malgré les difficultés, ils sont restés fidèles et unis, sans jamais se rejeter la faute…
Raphaël Quenard : C’est vrai qu’ils ont un lien fascinant parce qu’ils entretiennent une amitié quasi filiale et familiale. Ils décident de ne jamais la laisser être entamée par n’importe quel contrecoup, et c’est ça qui fait leur force. C’est dans cette union et dans cet amour qu’ils trouvent leur singularité. C’est ce qui fait leur différence et qui fait qu’aujourd’hui, ils se sont hissés au sommet après avoir soulevé des montagnes !
À l’intérieur de leur binôme, il y a un trésor dont ils disposent : c’est cette amitié qui les unit et ça, c’est, je crois, imparable…
Anthony Marciano : Oui, quand on les voit, les deux « vrais » personnages, on se rend compte qu’ils sont très différents, voire opposés en termes d’énergie. Mais on prend conscience que l’un sans l’autre, ils n’y seraient jamais arrivé, et c’est ça que raconte le film…
Jean-Pascal Zadi : Je me rappelle que quand on a lu le scénario, ce qui m’a frappé, c’est l’absence de scènes d’embrouilles entre potes. C’est un flot continu de complicité, d’amour, de bonnes intentions, de persévérance et d’abnégation qui leur a permis d’arriver au bout du truc. Ça fait plaisir de voir un film où l’amitié n’est pas remise en cause.
Anthony Marciano : C’est la première question que j’ai posée quand je les ai rencontrés, mais ils ne se sont jamais engueulés ou séparés en une vingtaine d’années d’association, c’est assez impressionnant ! Ce qui est fou, c’est qu’ils ont une énergie constamment positive… Chaque échec, chaque souci financier, chaque trahison devient une excellente raison de se relever pour le prochain essai.

Malgré des déceptions, il y a d’autres jolies rencontres, comme Didier Mbenga…
Jean-Pascal Zadi : Je pense que dans les films d’Anthony Marciano, il y a également cette notion d’amitié et de liens solides. Ça fait partie, comme chez ses deux personnages, de son ADN. Donc c’est quelque chose qu’il a naturellement envie de défendre dans ses films en mettant aussi à l’honneur les gens sur lesquels on peut compter.
Et c’est vrai que quand Didier Mbenga – qui est un mec qu’ils ne connaissent pas très bien – sent que c’est la galère, plutôt que de profiter de son statut de joueur pour dormir, par exemple, dans un bel hôtel, il préfère les soutenir en n’abusant pas d’eux. C’est un véritable bon gars et c’est beau, aussi, de voir qu’ils peuvent compter sur lui. Je pense que ça fait réellement partie des points sur lesquels Anthony a voulu appuyer parce que ce sont ses valeurs profondes…
Anthony Marciano : Cette relation qu’ils ont eue avec ce joueur m’a rappelé les années où j’étais producteur de musique. Avec mon associé, on s’occupait d’un rappeur qui mesurait 1m93, ma R5 n’avait pas de sièges arrière, mais il avait accepté de monter à l’arrache quand même… C’est exactement pareil, comment ce gars-là, à ce moment-là, pouvait me faire confiance pour l’emmener plus haut ? Là, ce n’est qu’une question d’instinct et d’humain… J’ai trouvé ça tellement beau de retrouver la même histoire chez Bouna et Jérémy que je ne pouvais pas ne pas la raconter !

Jean-Pascal aussi, vous avez été associé avec un ami d’enfance…
Jean-Pascal Zadi : Vous êtes bien renseignée ! (rires) Mais oui ça m’a évidemment rappelé ces années-là… C’est un film qui me parle à plusieurs endroits. Déjà, l’amitié indéfectible, les liens qu’on peut tisser avec un mec qu’on connaît peu, mais en qui l’on croît tant qu’on décide de bâtir quelque chose avec lui. J’ai eu la chance de vivre ça. Et puis, je me retrouve dans les problèmes, l’adversité, les murs, les barrières, les refus…
En fait, quand j’ai lu ce film-là, j’ai eu l’impression que ça racontait, transposée dans un autre domaine, ma vie.

Tous les deux vous êtes également producteurs, scénaristes, réalisateurs. Ça fait du bien de n’être « que » comédiens et s’abandonner à un autre regard ?
Jean-Pascal Zadi : Je vais être honnête, pour moi, jouer dans un film, c’est des vacances ! (rires) Comme j’ai débuté en acteur-réalisateur-scénariste, quand je décide de faire confiance à quelqu’un et de m’abandonner à lui, d’une part, j’ai moins de problèmes et d’autre part, étant réal aussi, j’ai beaucoup d’empathie pour lui ! Ma priorité sur le plateau, c’est d’essayer de l’aider alors que d’autres comédiens s’en foutent royalement ! (rires)
Je suis obsédé par l’idée qu’il aille au bout de son truc et qu’il soit satisfait, car j’ai conscience du stress, des enjeux, de la pression…
Raphaël Quenard : C’est d’autant plus jouissif quand tu travailles avec quelqu’un d’aussi obsessionnel qu’Anthony parce qu’il est carré, il a un niveau de précision infinie. Comme tu sais que rien ne sera laissé au hasard – de la mise en scène au costume en passant par la façon dont il souhaite que tu interprètes ton personnage -, tu as la certitude de ne pas bosser pour rien, car tout sera contrôlé, cadré et pointilleux.
© Propos recueillis par Morgane Las Dit Peisson au CIneum pour Le Mensuel / Photos Mika Cotellon
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