INTERVIEW

Marc-Antoine Le Bret en interview

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Il aide beaucoup d’entre nous, via RFM, à débuter leur journée sur une note positive et il a fait sensation lors de la soirée des 30 ans d’M6 en imitant 30 voix en tout juste 5 minutes mais Marc-Antoine Le Bret n’est pas qu’un adepte des médias. Passionné par la scène et surtout par le contact humain qu’elle peut offrir, le jeune homme y alterne voix féminines, masculines, rocailleuses, douces, aigues ou graves en se préoccupant quasi exclusivement de l’effet que celles-ci auront sur le public. Privilégiant le rire et le bonheur de ce dernier plutôt qu’une simple exposition de ses performances vocales, l’imitateur, comme en radio, s’est même compliqué la donne en ajoutant un sketch politique qui suit l’actualité de la semaine et l’oblige indubitablement à changer autant son contenu que son casting…

 

« Marc-Antoine Le Bret fait des imitations » à Marseille le 1er décembre 2017

Marc-Antoine Le Bret sur RFM du lundi au vendredi à 8h15

 


« C’est resté une distraction de parvenir à imiter de nouvelles voix ! »


Morgane Las Dit Peisson : Entre scène et radio, le rythme est assez soutenu…

Marc-Antoine Le Bret : C’est vrai qu’en ce moment – après avoir joué Marc-Antoine Le Bret fait des imitations sur Paris -, on tourne pas mal avec ce spectacle alors ça donne un rythme quotidien plutôt chargé mais, en plus d’être une chance, c’est un réel plaisir que d’aller de ville en ville. Ça peut faire un peu cliché mais quand on est sur les routes et qu’on enchaîne les dates, on réalise qu’à chaque fois, il y a quelque chose de différent de la veille. Selon les lieux, par exemple, le public peut avoir acheté ses places pour me voir moi ou se retrouver à me voir « en plus » pendant un festival ou encore avoir sélectionné mon spectacle dans le cadre d’un abonnement parce que celui qu’il voulait était complet ! (rires) Ça détermine indéniablement l’atmosphère de la soirée car ça va donner un public très chaud ou au contraire plutôt réservé.  Et puis, bien sûr, il y a également mon propre état d’esprit, ma forme physique et mes préoccupations du jour qui teintent le jeu et provoquent des réactions chez les spectateurs qui ressentent tout…

On te connaît également pour tes chroniques en radio où le contact avec le public est différent…

Le travail n’est en effet pas exactement le même en radio bien que je ne sois pas littéralement isolé du public grâce à la présence des autres animateurs qui me permettent de créer une certaine interaction. Par contre, quand on a goûté à la scène et à la puissance des rires qui se propagent dans une salle, ça peut laisser place à quelques manques… C’est tellement porteur que ça pousse à en faire plus, à en donner plus ! Et puis, j’aime faire participer les gens car ça m’oblige à improviser et à m’adapter à eux, c’est une partie de mon travail que je ne retrouve pas en radio.

Tu as une petite trentaine d’années et la capacité d’imiter des voix aussi âgées que jeunes…

(rires) Dans le spectacle, on peut en effet retrouver autant Philippe Bouvard que Kev Adams ou Kylian Mbappé et ça me fait dire qu’il n’y a pas de règles en réalité… Je crois que c’est plus une question de timbre de voix et c’est sûrement pour ça que je peux aussi bien imiter des hommes que des femmes comme Arielle Dombasle et Chantal Ladesou qui n’ont pourtant, à première vue, rien en commun.

On découvre cette capacité à imiter par hasard ?

C’est un peu ça… Quand on est enfant, on ne calcule rien, on essaye juste de faire comme des artistes que l’on aime bien et moi j’adorais regarder les imitateurs. Ils m’émerveillaient à passer d’une voix à l’autre ou du grave à l’aigu et je m’amusais, quand j’étais jeune, à les refaire et à m’enregistrer. C’était réellement un jeu pour moi et ce qui est génial c’est que, même en en ayant fait mon travail, je ressens toujours le même plaisir ! C’est resté une distraction de parvenir à imiter de nouvelles voix – comme en ce moment Gérard Collomb et d’imaginer des propos, un contexte… J’arrive à me faire rire tout seul ! (rires)

On parle toujours de la voix mais il y a tout un travail autour des mimiques, de la gestuelle, du regard…

Me « transformer » physiquement est indispensable pour produire convenablement la voix du personnage que je cherche à imiter et parfois, même sans parler – comme avec Laurent Ruquier qui remet ses lunettes avant de pouffer -, ça provoque le rire. La gestuelle est d’ailleurs ma première base de travail, l’imitation pure n’arrive qu’ensuite et la blague se pose en dernier.

Donc ton casting ne dépend pas que de tes capacités vocales…

Parfois, il y a des personnalités dont l’actu est intéressante mais qui ont des voix trop neutres pour provoquer le rire puisque le public ne les aura pas dans l’oreille, d’autres sont intéressantes à faire mais pas assez connues pour créer la référence nécessaire dans l’esprit des spectateurs… Pour qu’ils rient, il faut trouver un juste équilibre entre notoriété, actualité et particularités. Il faut que ça leur parle immédiatement…

© Propos recueillis par Morgane Las Dit Peisson • Photo droits réservés

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