INTERVIEW

Jordan Anefalos, Vincent Grass et Walid Ben Mabrouk en interview

By  | 

D’origine « dracénoise, dracénienne » comme dirait Bruno Solo, Jordan Anefalos ne s’est pas un instant posé la question du lieu de tournage de son nouveau court-métrage… Véritable hymne à l’amour aux personnes âgées en général et à son défunt grand-père en particulier, Joseph – dont le titre n’est autre que le prénom de cet homme qui a tant marqué sa vie – s’est réalisé « à la maison », entre Draguignan et Saint Raphaël ! Racontant l’histoire d’amitié naissante entre un jeune homme condamné à faire des travaux d’intérêt général dans une maison de retraite et un des pensionnaires de cette dernière, ce film traite du temps qui passe, de la place de nos anciens dans notre société mais rappelle aussi, sur fond de « grande évasion », l’importance de croire en ses rêves…

 

Jordan Anefalos, Vincent Grass & Walid Ben Mabrouk pour le tournage du film « Joseph » à Draguignan

Première projection prévue lors du festival Les Dracénois font leur cinéma • Plus d’infos très bientôt…


« Il y a, dans Joseph, toute cette admiration que je lui portais… »


Morgane Las Dit Peisson : Joseph est ton nouveau projet…

Jordan Anefalos : Il s’agit d’un court-métrage… Ce n’est en effet pas mon premier projet mais c’est le plus ambitieux. Du coup, ça demande plus d’énergie, plus de temps mais c’est aussi beaucoup plus exaltant ! Après le tournage, on passera à la phase de montage et si tout va bien, Joseph devrait faire une trentaine de minutes… 

Réalisateur mais aussi scénariste…

Jordan : J’ai commencé à le travailler en février 2017 puis je l’ai développé avec le collectif La belle époque Production que j’ai monté avec des amis… Cette étape a été essentielle car à plusieurs on s’entraide, on s’apporte des points de vue différents, on creuse beaucoup plus vers des voies que seul, on n’aurait pas spécialement eu l’idée d’emprunter. L’écriture est très importante car c’est elle qui permet d’être efficace lors du tournage.

Il y a ce que l’on imagine et la réalité de la production…

Jordan : C’est, je crois, le plus difficile dans ce métier ! On se projette et on idéalise un peu trop parfois le rendu que l’on aura… (rires) Et puis, le jour J, on doit s’adapter aux contraintes et aux imprévus… Intempéries, un camion qui passe dans le champ, du retard… C’est très frustrant sur le moment, on peut être très déçu mais aussi agréablement surpris par ces petits détails que le manque de temps et le manque d’argent ne nous permettent pas de maîtriser. La production est un domaine compliqué mais passionnant ! 

Ces contraintes rendent astucieux…

Jordan : Complètement ! Il faut être malin en permanence pendant le tournage pour transformer les points faibles en incidents heureux. C’est un exercice qui t’apprend à ne pas t’obstiner vainement mais à contourner les  problèmes pour continuer à avancer.

Un film hommage…

Jordan : Le titre du film était le prénom de mon grand-père… Quand j’étais petit, il me fascinait quand il nous racontait, à mes frères, mes cousins et moi, ses histoires… D’une vétille, il savait naturellement en faire une merveille ! (rires) Sans même s’en rendre compte, il maîtrisait les bases d’un bon scénario, c’était un conteur incroyable à qui je dois certainement la passion que j’ai aujourd’hui ! Il y a, dans Joseph, toute cette admiration que je lui portais mais aussi tous les remords que j’éprouve de l’avoir laissé aller en maison de retraite et tous les regrets que j’ai encore aujourd’hui de ne pas avoir assez profité de lui…

Qu’est-ce qui vous a séduit dans le scénario de Joseph ?

Vincent Grass : Le fait de jouer avec Walid ! S’il n’avait pas été là, je n’aurais pas accepté ! (rires) Plus sérieusement, Jordan a imaginé un très joli scénario et mon personnage, Joseph, est formidable… Il est, comme celui qu’incarne Walid, très attachant…

Walid Ben Mabrouk : L’histoire de Joseph m’a rappelé la mienne, celle de ma famille alors ça m’a tenu à coeur de participer à ce projet. C’est agréable de pouvoir incarner un personnage qui me plait comme celui de Liam car, même si ça marche plutôt pas mal depuis trois ou quatre ans, je ne suis pas encore au stade de pouvoir me permettre de « choisir » mes rôles ! (rires) Mais j’ai encore tellement de preuves à faire et de choses à apprendre qu’il est important, également, de m’essayer à ce qui ne m’attire pas énormément… C’est très formateur !

Le cinéma, contrairement au théâtre, oblige à être le personnage par bribes et dans le désordre…

Vincent : Ça peut sembler un peu bizarre de se plonger dans un personnage tout à coup et ce, parfois, pour quelques minutes à peine mais c’est un métier, ça s’apprend… On a tous notre méthode, la mienne c’est de rester très concentré avant de jouer.

Walid : Même si on ne peut pas interpréter le scénario de façon chronologique, on doit absolument faire en sorte de ressentir l’histoire, de s’identifier aux personnages, de les comprendre… Quand on les a dans la peau, on peut ensuite, sans trop de difficultés, les « retrouver » pour quelques instants devant la caméra…

© Propos recueillis par Morgane Las Dit Peisson pendant le tournage de Joseph à Draguignan • Photos Laureen Bristiel


Interview parue dans les éditions n°393 #1, #2 et #3 du mois de juin 2018

 

 

You must be logged in to post a comment Login

Leave a Reply