INTERVIEW

Ben l’Oncle Soul en interview

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C’est loin des préoccupations et des diktats du marketing que Ben l’Oncle Soul a continué son bonhomme de chemin. Après un album couronné de succès et une tournée intensive, le jeune artiste ne s’est pas éloigné un instant de ce qui était primordial dans son travail : la musique. Une musique qu’il pratique sans relâche et qu’il viendra proposer sur scène bien avant que son prochain album ne voie le jour. Bouleversant ainsi le cycle désomais traditionnel de la production, qui semble ne quasiment plus programmer de tournées sans avoir à vendre de produits « d’appel » auparavant, Ben prouve ainsi que ce que le public demande, c’est tout simplement de la musique, sur scène, dans son plus simple appareil…

 


« J’avais besoin de me retrouver avec ma famille, mes amis, de prendre le temps de vivre… »


 

ben-l-oncle-soul-interview-2013Morgane Las Dit Peisson :  On te retrouvera sur scène à Monaco à la fin du mois d’octobre, alors que ton prochain album ne sortira qu’en début d’année, tu avais hâte de repartir en tournée ? C’est quelque chose qui te manquait ?

Ben l’Oncle Soul : J’avais envie de faire découvrir cet album sur scène dans un premier temps et je suis assez impatient de repartir en tournée c’est vrai. J’aime énormément la scène !
La dernière fois que je t’ai vu sur scène, aux Voix du Gaou, j’ai compris pourquoi on disait de toi que tu étais un showman, une bête de scène. D’où te vient cet amour du spectacle ?  
La musique me porte, c’est presque une transe en fait, je ne sais pas d’où ça vient mais je finirai un jour par trouver, c’est sûr ! (rire)
Ta première tournée a été très longue, quels souvenirs en gardes-tu ? Tu étais jeune quand tout ça a démarré alors qu’est-ce que cette expérience scénique a changé en toi, personnellement et professionnellement ?
J’en garde un merveilleux souvenir, on a fait de très nombreux concerts dans beaucoup de pays différents, j’y ai beaucoup appris sur le métier de musicien et sur moi-même également. Ça m’a enrichi et fait grandir c’est certain.
Tes débuts ont été marqués par un succès important et rapide, comment arrive-t-on à garder les pieds sur terre après ça ?
Je crois que je n »ai pas les pieds sur terre en fin de comptes, je vous l’ai dit dans ma chanson Soulman ! (rire) Mais même si ça me transporte autant je garde toujours à l’esprit que ce n’est que de la musique et qu’il y a des choses plus importantes que ça…
Est-ce que ce tourbillon n’a pas quelque chose d’effrayant même si le succès est agréable ?
Je suis un fonceur, je n’ai pas été effrayé car tout s’est passé très vite mais évidemment ça bouleverse pas mal de choses.
Ton nouvel album est en préparation, et sortira plus de 3 ans après le premier, c’est important de prendre son temps à une époque où l’on va toujours de plus en plus vite ?

Oui c’est quelque chose de très important pour moi. J’avais besoin de me retrouver avec ma famille, mes amis, de prendre le temps de vivre, de faire le point, de réaliser et de digérer tout ce qui venait de se passer. J’ai beaucoup voyagé aussi !

Le succès de ton premier album a été fulgurant, ressens-tu la fameuse pression du 2ème album ? Dans quel état d’esprit es-tu ? As-tu peur de décevoir ton public, la critique… ?

(rires) Vous savez le succès n’appartient à personne, je ne fais que proposer des choses… La pression existe, c’est clair, mais n’est-ce pas elle qui, finalement, nous pousse à nous surpasser ?

En ce moment, tu dois sûrement travailler en studio, tu penses que le retour sur scène va te permettre de souffler un peu ?

Quand je suis sur scène je suis plutôt en apnée, je n’aurais pas utiliser le terme « souffler » ! (rires) Mais l’énergie de la scène va me permettre de changer de rythme, de jouer les morceaux en live et surtout, de prendre du recul, c’est sûr.

Alterner studio et scène, ça permet de conserver un maximum de fraîcheur dans la composition, l’interprétation ?

Oui c’est l’idéal je pense, il ne faut pas perdre sa créativité sur la route, c’est très important de rester connecter avec ça.

Le fait d’entamer une tournée sans avoir fait la promo d’un nouvel album devient de plus en plus rare… Ça n’est plus un schéma « classique », ça ne t’effraie pas ?

La musique vient de la rue, pas de la télévision, il est bon de s’en rappeler de temps en temps ne trouvez vous pas ? Et puis honnêtement, je ne pense pas prendre un risque énorme.

C’était important pour toi de casser le processus habituel pour remettre le live, le contact avec le public au coeur de la musique plutôt que « l’objet » qu’est l’album ?

Oui c’est important je crois, c’est une manière d’inviter les gens à fréquenter peut etre un peu plus les salles de concerts… C’est pour moi le moyen d’entretenir un rapport sein avec la musique et avec les gens qui viennent l’écouter.

Est-ce que le contexte économique et la crise dans l’univers du disque ne vont pas, selon toi, obliger un peu plus les artistes à remettre la scène au coeur de leur activité ?

Les artistes n’ont jamais quitté la scène. Ils sont là en bas de chez vous, en représentation dans leur salle de bain ou de leur chambre, vous pouvez les entendre par une fenêtre, ils jouent au café du coin, vous en connaissez plein. Ça va plutôt obliger les radios et les maisons de disques à promouvoir des artistes auxquels ils ne se sont pas encore intéressés.

Mais alors quel type de setlist allons-nous découvrir ? Tes premiers titres ? Des reprises ? Tu vas tester de nouvelles créations ?

Un mélange de tout ca oui ! Mais pour en savoir plus, il faut venir… (rires) 

Quel type de show nous proposeras-tu ? On reste dans l’univers des années 60 ? L’aspect visuel aura-t-il toujours autant d’importance ?

Vous verrez bien, je ne vais pas tout vous dévoiler non plus… (rires)

La tournée s’intitule Ben l’Oncle Soul & Monophonics, qui sont-ils ? C’était important de retrouver une dynamique de groupe ?

C’est un groupe de San Francisco que j’ai rencontré sur la route. Ils sont incroyables, ils ont un son très particulier comme les MG’s ou les Meters pouvaient en avoir un à l’époque. Ce ne sont pas juste des musiciens, chacun d’entre eux est un artiste et ils se sont trouvés… C’est ça qui est incroyablement rare…

© Propos recueillis par Morgane Las Dit Peisson • Photo droits réservés

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