INTERVIEW

Hoshi en interview

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Parmi la densité de jeunes artistes qui tentent régulièrement leur chance dans la musique, il n’est pas toujours facile de faire le « tri » jusqu’à ce que certains d’entre eux se mettent à étinceler comme un diamant brut et nissent par s’imposer comme une évidence… Hoshi est tout simplement de ceux-là… À 20 ans à peine, la jeune auteure, compositrice, guitariste et interprète de Ta marinière est en train – elle qui n’a jamais pris de cours de chant de sa vie -, d’imprégner sa voix parfois écorchée vive dans les cerveaux d’un très large panel de gens. Touchant en effet autant les jeunes de son âge que les trentenaires ou les parents d’ados et autant les hommes que les femmes, les textes de la jeune lle au chignon japonisant s’avèrent être d’une maturité plutôt troublante à laquelle Gaetan Roussel n’a d’ailleurs pas pu résister, lui qui lui a con é le texte Je vous trouve un charme fou… Enchaînant les jeux de mots et les métaphores, se glissant tour à tour dans la peau d’un mari trompé, d’un couple violent ou d’une femme que le désespoir fait boire, o rant un magni que témoignage d’amour à sa mère et rendant hommage au courage d’une grand-mère à qui elle doit fortement ressembler, la « petite débutante » à la personnalité bien trempée, nous rappelle – sans pour autant ressembler à qui que ce soit d’autre -, les grandes heures de la chanson française dont Piaf et Brel étaient de parfaits symboles.


HOSHI EN CONCERT

À JUAN LES PINS POUR « STARS À JUAN » LE 10 JUILLET

À PUGET SUR ARGENS AU MAS D’HIVER LE 30 NOVEMBRE

À CHÂTEAURENARD LE 05 DÉCEMBRE



« Ne jamais renoncer à s’exprimer et à se battre… »


MORGANE LAS DIT PEISSON : DEPUIS LA SORTIE DE IL SUFFIT D’Y CROIRE, TU N’ARRÊTES PAS…

HOSHI : (rires) On vit sur un rythme assez dingue entre les déplacements, les concerts, les dédicaces mais ça a tout d’un rêve de gosse bien qu’avant de me lancer dans la musique vers mes 14 ans, je n’ai jamais désiré devenir chanteuse, j’ai fini par chanter uniquement parce que j’écrivais… J’avais juste besoin de raconter des choses et sachant jouer du piano, tout s’est enchaîné naturellement.

TU APPRENDS SUR « LE TAS »…

J’ai réellement l’impression d’apprendre chaque jour en ce moment car c’est vrai qu’il n’y a pas, quand on se professionnalise, que l’exercice de la scène… Il y a évidemment l’écriture, le studio mais aussi la promo ou encore les choix de photos ou de clips mais tout me plait ! La seule chose qui est plus compliquée à gérer, c’est le rapport aux autres car en très peu de temps, je me suis aperçue que des gens de mon entourage avaient changés de comportement vis à vis de moi et que d’autres que je ne voyais plus du tout depuis longtemps se sont tout à coup rappelés qu’on était potes ! (rires) C’est un peu particulier à vivre mais là aussi, ça apprend énormément sur soi…

TU RÉALISES QUE DES GENS VIENNENT POUR TOI ?

Je commence seulement, je crois, à en prendre conscience à force de rencontrer le public après les concerts et d’ailleurs ça me met les larmes aux yeux à chaque fois de réaliser que des personnes que je ne connais pas ont fait la démarche d’acheter des billets, de réserver leur soirée et de se déplacer pour me voir « moi »… Entre tenir son premier album dans ses mains, entendre une salle chanter ses textes et s’apercevoir qu’on touche des inconnus avec sa musique, je passe, depuis quelques mois, par des émotions toutes plus fortes les unes que les autres ! (rires)

TES TEXTES SONT D’UNE MATURITÉ ASSEZ INCROYABLE…

Que ce soit positif ou négatif, je vis vraiment fort chaque moment, je prends tout à coeur et j’ai instantanément besoin d’écrire dessus… Bien sûr tout ce que j’évoque dans l’album ne m’est pas arrivé mais j’observe énormément ce qu’il se passe autour de moi…

IL SUFFIT D’Y CROIRE…

C’est ma devise de vie, c’est pour ça que c’était important pour moi de me la faire tatouer sur le bras à mes 18 ans et d’en faire un titre de chan- son et d’album… L’adolescence est une période compliquée, une véritable bataille contre soi alors devenir ma jeure, c’était peut-être croire, à tort, que tout à coup tous les questionnements s’évanouissaient comme par enchantement ! (rires) En tous cas, ce qui ne m’a pas quitté en grandissant, c’est cette volonté de croire que tout est possible si l’on s’en donne les moyens…

SANS CHERCHER À FAIRE DE COMPARAISON, ON PENSE À BREL QUAND ON T’ÉCOUTE…

Ça me touche beaucoup car c’est un des artistes que j’ai le plus écouté… Amsterdam m’a énormément marquée et je crois que ça se ressent dans la thématique de Ta marinière (rires) Je parle de différents types d’amour au fil des morceaux en me glissant tour à tour dans la peau d’un mari trompé avec Manège à trois ou dans celui d’un couple qui se détruit avec Après coups

ELLE RÊVE ENCORE DRESSE UN BILAN DE NOTRE SOCIÉTÉ…

Je suis un peu trop utopiste et c’est ce que je raconte dans ce texte car je rêve avec elle, cette fille « des années Mitterrand »… C’est une époque que je n’ai connue qu’à travers l’histoire de ma famille mais j’ai envie de conserver l’espoir que la jeunesse chérissait tant au début des années 80. Parfois, cette chanson ne passe pas très bien alors que je n’avais pas du tout l’intention d’exprimer des opinions politiques mais juste de rappeler qu’espoirs déçus ou non, la jeune génrération ne doit jamais renoncer à s’exprimer et à se battre car c’est elle qui a tout en main pour révolutionner la société actuelle…

© Propos recueillis par Morgane Las Dit Peisson à l’Hôtel Aston de Nice pour la Fête de la Musique de France 2 • Photos Yann Orhan


Interview parue dans les éditions n°394 #1, #2 et #3 de l’édition d’été 2018 • 100 000 ex

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