INTERVIEW

Amélie Étasse en interview

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Sa voix et son visage n’ont quasiment plus de secret pour tous les téléspectateurs que nous sommes grâce à sa présence télévisée quotidienne… Presque élevée au rang d’égérie populaire grâce à sa prestation dans les publicités d’un certain Édouard spécialisé en grande distribution, Amélie Étasse, en comédienne accomplie, a su transformer cette expérience – que bon nombre d’acteurs n’assument pas toujours – en véritable tremplin ! 

Faisant du cliché de la blonde écervelée, un personnage malin et responsable doté d’un petit air ingénu, elle a fini par marquer les gens plus que les produits qu’elle proposait… Captant le naturel et l’éclat de son jeu, M6 n’a pas tardé à s’intéresser à elle lors de la création de son cinquième couple dans la série désormais culte Scènes de ménages. Devenue Camille, une prof de yoga amoureuse d’un homme un peu plus âgé et fortuné qu’elle, Amélie Étasse et les auteurs ont réussi, là encore, à ne pas la faire sombrer dans le cliché grâce à la fraîcheur qu’ils lui ont apporté. 

De retour sur les planches depuis quelques jours dans une pure comédie intitulée Bouquet final, la pétillante actrice nous invite – avec ses cinq compères – à fêter dignement la fin du monde qui est prévue dans la soirée… Et puisqu’à deux doigts de la mort, il n’y a plus de raison d’avoir peur de quelconques conséquences, les six amis risquent fort de se faire quelques révélations inexcusables…

 

Pièce « Bouquet final » à Paris jusqu’au 20 décembre 2017

Dans « Scènes de ménages » sur M6 du lundi au samedi à 20h25

 


« J’ai commencé par la scène et j’en étais totalement accro… »


 

 

Morgane Las Dit Peisson : Avec la pièce Bouquet final, vous vous apprêtez à jouer chaque jour pendant plusieurs mois… 

Amélie Étasse : Je savais que ça allait être un petit marathon alors je me suis bien reposée cet été pour avoir une niaque d’enfer ! Au quotidien, pour tenir le choc, je fais attention à ce que je mange et je suis assez sérieuse. Quoi que je fasse dans la journée il faut que garde de l’énergie pour le soir tout en ne pensant pas qu’à ça. J’ai la chance de tourner Scènes de ménages trois jours par semaine alors ça devrait me permettre d’être moins traqueuse… Pour le moment j’ai une grosse patate mais on en reparlera à Noël ! (rires) 

C’est un conditionnement physique et mental…

Exactement, il faut oublier les petits tracas de la journée et sur ce point, le yoga et l’ambiance de troupe m’aident énormément. Bouquet final est une grosse comédie, un vrai boulevard et surtout une pièce de troupe… C’est très plaisant d’être déjà si soudés et de travailler dans la bienveillance que l’on a pu observer pendant les préparatifs de la pièce. Je compare d’ailleurs ça à un mariage… On se prépare pendant des semaines, on pense à chaque micro détail et on est exténué quand les invités arrivent ! (rires) 

Vous êtes six dans un chalet…    

Une météorite devrait s’écraser sur Terre dans la soirée, la fin de l’humanité est annoncée alors six amis ont décidé de se réunir dans un chalet pour fêter la fin du monde et mourir ensemble, mais gaiement bien sûr ! Forcément, le contexte les amènera à tout se dire, le pire comme le meilleur et ça va partir en vrille ! (rires) 

Le théâtre vous avait manqué ?    

Énormément ! Petite j’ai commencé par la scène et j’en étais totalement accro… Mais je rêvais aussi de caméra et de plateau, j’avais envie de découvrir cet univers et bien que j’adore ça, le théâtre et ses petits rituels du soir ont fini par me manquer cruellement  L’échauffement, la présence des copains, écouter derrière le rideau, recevoir les applaudissements, les trous de mémoire, l’accident, l’énergie… Je compare un peu ça aux chanteurs qui aiment le travail en studio mais qui finissent toujours par avoir besoin de sentir la présence du public

On vous retrouve au théâtre mais on vous a découverte, pour la plupart, dans les pubs E.Leclerc… 

Ça m’a beaucoup fait marrer de faire ces pubs ! Ce n’était bien sûr pas un rêve de toujours mais quand on m’a proposé ce casting, j’ai trouvé que ça comportait un réel sens de la comédie. Au début, il n’était prévu d’en faire que quatre et finalement on en a fait quarante en cinq ans ! On tournait dans le monde entier, on avait des créatifs hyper intelligents, des réalisateurs excellents et des gens très à l’écoute qui cassaient complètement l’image que j’avais des publicitaires. Et puis, surtout, ça a été pour moi un très beau coup de projecteur, je n’ai pas honte de dire que ça a même été ma meilleure carte de visite ! Pour le casting de Scènes de ménages, M6 m’a d’ailleurs contactée grâce à ces spots pubs. 

C’est rare que le public s’attache à un personnage de publicité… 

Oui c’est mignon, je m’aperçois que ce personnage a marqué les gens car ils m’arrêtent encore dans la rue… Ce qui a été plus « compliqué » à gérer, c’est l’identification à la marque et aux produits car mon rôle dans la vie n’est pas de faire consommer ad vitam aeternam, il était nécessaire, à un moment, de s’éloigner.

Et chaque soir on vous retrouve dans Scènes de ménages…  

Il y a trois ans, quand j’ai commencé, c’était une grosse pression parce que j’avais peur que les audiences chutent d’un coup et que la série s’arrête à cause de Grégoire Bonnet et moi ! C’était dur parce qu’il ne fallait absolument pas copier les autres couples tout en restant dans la même veine et en respectant les codes de jeux puisqu’on est face caméra, en plan séquence, avec un effet très théâtral et sans montage… Une fois toutes ces contraintes digérées, on a pu passer à la phase plus plaisante du façonnage de Camille et Philippe et c’est quelque chose que l’on travaille encore à chaque tournage car les auteurs se penchent énormément sur nos personnalités et nourissent nos personnages de nos qualités, de nos défauts et de nos travers… On leur donne beaucoup de nous finalement…

Vous avez aussi créé La Loove, une série qui s’attaquait aux tabous et aux diktats avec humour…    

C’était vraiment un projet qui me tenait très à cœur, né comme ça, un matin… France TV a été hyper ouvert sur les dialogues, sur les thèmes qu’on abordait, c’était très agréable même si on ne s’était pas rendu compte avec Clément Valos qu’on allait être subversif… On ne voulait pas être moralisateur, on avait juste envie de parler de vraies questions avec nos vraies réponses, sur le ton de l’humour évidemment ! Je pense que c’est un allié formidable pour faire passer pas mal de messages et ça offre une liberté de parole incroyable. J’étais une fan absolue de Valérie Lemercier en Lady Palace dans la série Palace, j’adore ce côté petite bourgeoise avec le doigt en l’air qui, sans dire d’insanités, va gratter là où ça fait mal… 

© Propos recueillis par Morgane Las Dit Peisson • Photo Nathalie Mazeas & Janine Gebran

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