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Abel : Interview Diego Luna

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par Nicolas Schiavi – excessif.com le 10 Janvier 2011 Abel : Interview Diego Luna

Abel : Interview Diego Luna

« Plus connu pour son travail d’acteur (récemment dans Harvey Milk et Rudo et Cursi), Diego Luna s’est mué en auteur réalisateur pour Abel, son premier long-métrage de fiction après un projet de documentaire intitulé Revolucion. Rencontre avec l’artiste durant le festival de Cannes 2010 où Abel était présenté hors-compétition. (…) »

Plus connu pour son travail d’acteur (récemment dans Harvey Milk et Rudo et Cursi), Diego Luna s’est mué en auteur réalisateur pour Abel, son premier long-métrage de fiction après un projet de documentaire intitulé Revolucion. Rencontre avec l’artiste durant le festival de Cannes 2010 où Abel était présenté hors-compétition.

Abel de Diego Luna

Comment est-né Abel ?

Diego Luna) C’est un mélange, entre un livre que j’ai lu et une pièce que j’ai vu. Je suis allé au théâtre pour voir Hamlet et le personnage principal était joué par un acteur très jeune. Le temps a passé, l’idée a germé et j’ai décidé de raconter l’histoire de ce fis qui devient son père. Abel m’a surtout permis de parler de la famille, de l’amour d’une mère pour son enfant… Le fait que je sois devenu père a été très important…

 

Le film parle donc également de vous…

DL) Oui. Il y a un peu de mon enfance. Vous ne pouvez pas vous en empêcher. Etre un enfant qui devient un adulte est un peu autobiographique. J’ai commencé à travailler à six ans et je voulais déjà être un adulte. Je pensais que j’étais prêt…

 

Votre premier film était un documentaire. Quel a été le principal défi du passage à la fiction ?

DL) C’est très différent. Je crois que le plus gros challenge fut de travailler avec des enfants qui n’étaient pas des acteurs. C’était très difficile. J’ai du inventer tout un système pour qu’ils croient que ces personnages existaient. Nous avons du tourner dans l’ordre chronologique du film. Les enfants ne connaissaient pas le scénario donc je devais les guider au jour le jour, page par page. L’idée était de créer une cour de récréation pour eux. Ils me demandaient souvent ce qui allait se passer le lendemain. Je leur répondais de se relaxer, de ne pas se mettre la pression, de ne pas y penser la nuit. Il fallait qu’ils ne pensent qu’au temps présent. C’est un énorme défi et c’est très risqué. Je ne savais pas si cela allait marcher, jusqu’à la fin.

Abel de Diego Luna

Les deux enfants du film sont frères. Est-ce cela a facilité les choses ?

DL) Oui. Il y avait deux problèmes. Le grand fère avait besoin de trouver une connexion avec le petit. Mais le petit avait besoin de croire qu’il était son père. C’était difficile. Je pense que j’aurai pu demander à un enfant de dix ans de prétendre qu’un autre acteur était son petit frère. Mais comment faire croire à un enfant de six ans qu’un autre est son père ? A cet âge, on n’interprète pas, c’est simplement du jeu. Contrairement à Christopher Ruiz-Esperanza qui s’est mis dans la peau de quelqu’un d’autre. Son petit frère avec une telle énergie ! On s’y attache tout de suite…

 

On peut penser qu’il y a eu quelques improvisations sur le tournage d’Abel

DL) Les enfants ne connaissaient jamais vraiment leur texte donc c’était inévitable ! En revanche, j’ai demandé aux acteurs professionnels de ne pas improviser. Je voulais qu’ils gardent le contrôle. En étant jamais exacts, les enfants rendaient leurs répliques très organiques.

 

Vous avez écrit Abel avec Eduardo Mendoza. Comment s’est passé le processus d’écriture ?

DL) J’ai eu l’idée et j’ai lui ai fait un pitch. Nous nous sommes ensuite assis ensemble pour écrire le fil directeur de l’histoire. Il a écrit la première version seul qui ne pas pas convaincu dans sa direction. Nous avons repris le travail ensemble mais c’est lui le véritable auteur, celui qui établit la structure. Nous discutions, relisions et c’est lui qui revenait chez lui pour apporter les améliorations. La plus belle chose que nous ayons fait ensemble fut d’écrire les dialogues.

 

En tant qu’acteur, vous avez travaillé avec de très bons cinéastes comme Harmony Korine, Steven Spielberg ou Alfonso Cuaron. Y a-t-il un cinéaste qui vous ait influencé plus qu’un autre ?

DL) D’Alfonso, je retiens sa manière de travailler avec les acteurs. Il engage tout le monde dans le processus créatif. C’est quelque chose d’exceptionnel. Pour un acteur, avoir cette implication est libérateur. J’ai également beaucoup aimé Gus Van Sant. Je l’ai souvent regardé travailler : il est très direct, très courageux. Il ne s’arrête jamais en sachant parfaitement ce qu’il veut. C’est un artiste unique.

 

Propos recueillis et traduits par Nicolas SCHIAVI au festival de Cannes 2010

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